| Titre : |
IMPORTANCE SOCIO-CULTURELLE ET PRATIQUES LOCALES DE GESTION DE Blighia sapida Koenig (Sapindaceae) AU BENIN |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Moussa Ndiaye, Auteur |
| Editeur : |
Dakar : Université Cheikh Anta Diop de Dakar : Faculté des Sciences et Techniques : Département de Biologie végétale |
| Année de publication : |
2021 |
| Importance : |
67 P. |
| Format : |
29 cm |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
valorisation stockage transformation conditionnement conservation arille pratique locale socio-culture savoir local savoir indigène pratique endogène Blighia sapida Sapindaceae Bénin Produit Forestier Non Ligneux |
| Résumé : |
Les ressources forestières alimentaires désignées sous le vocable de PFNLs (Produits Forestiers Non Ligneux) dont Blighia sapida jouent un rôle important dans l’amélioration de la sécurité alimentaire. Leurs utilisations pourraient contribuer à la réduction de la faim ainsi qu’à l'amélioration de la nutrition et de la santé. La connaissance des potentialités locales de cette ressource est indispensable pour une meilleure valorisation. Néanmoins, cette valorisation est sujette à de véritables contraintes. La problématique majeure traitée dans cette étude, est liée à la gestion locale de B. sapida qui n’est pas toujours maitrisée par la population autochtone car au Bénin, une proportion considérable des fruits pourrit sur les arbres pendant les saisons de récolte, causant une énorme perte sur le plan alimentaire et économique. De plus, on note une régression de l’espèce en milieu naturel due à la perte rapide de viabilité de ces graines récalcitrantes ; ce qui entrave la régénération et la conservation de l’espèce. Cependant, la recherche de solutions face à ces problèmes pour une valorisation de la ressource devrait s’appuyer en premier lieu sur la prise en compte des savoirs locaux pour la mise au point de techniques efficaces, accessibles et moins coûteuses permettant le stockage, et/ou la transformation de grandes quantités d'arilles au niveau local avant de s’orienter au contraire vers des savoirs formalisés (scientifiques) qui sont très coûteuses et peu accessibles par la population rurale. C’est dans ce sens que cette étude est entreprise pour contribuer à l’amélioration des niveaux de connaissances sur B. sapida pour sa meilleure valorisation. Pour cela, elle vise à déterminer la valeur socioculturelle de l’espèce, analyser les pratiques locales de valorisation des arilles, analyser les techniques locales de propagation et de conservation des semences et évaluer la variation des caractéristiques morphométriques des graines d’une zone climatique à une autre du Bénin. Pour atteindre ces objectifs, un échantillonnage stratifié et raisonné a été effectué et huit cent soixante-trois (863) ménages ont été enquêté à travers 24 villages répartis dans 8 communes choisis dans les trois régions phytogéographiques du pays (sud, centre et nord). Les données ethnobotaniques ont été collectées au moyen d’un questionnaire semi-structuré. Dans chaque localité prospectée, des arbres ont été choisis sur lesquels des fruits murs ont été récoltés puis mis en sachets étiquetés et conservé dans un sac glacière muni de gels réfrigérants. Les coordonnées géographiques des arbres ont été prises à l’aide d’un GPS. Microsoft Office Excel (2017) a été utilisé pour le calcul des différents paramètres et la réalisation des tableaux et graphiques. Des statistiques descriptives ont été calculées en utilisant le logiciel Minitab 20.0. L’Analyse des Correspondances Multiples a été faite avec l’aide du logiciel R. Au total, B. sapida est connu par l’ensemble des ménages enquêtés. Selon eux, la plante est disponible dans un rayon d’un kilomètre au plus autour de chaque concession. Cinq utilisations de l’espèce ont été répertoriées : les usages alimentaire (81 %), cosmétique (10 %), médicinal (7 %), commercial (0,31%) et engrais (0,21%). Les organes utilisés sont le fruit (arilles, graine et capsule du fruit), l’écorce, les feuilles et la racine. La valeur d’usage obtenue dans les localités prospectés (VUt = 2,2) témoigne du niveau d’utilisation de l’espèce par la population. Les indices de diversité et d’équitabilité (ID = 1,43 et IE = 0,57) montrent une répartition hétérogène des connaissances sur l’espèce au sein des groupements de la population. L’indice de vulnérabilité (Iv=2,50) quant à lui indique que l’espèce est faiblement vulnérable dans les zones d’étude car sa population est généralement stable et ne subit pas encore une menace de disparition au Bénin. Après la récolte des fruits et pour une utilisation durable, les arilles sont stockés au soleil (42,40%), à l’ombre (0,24%) et au frais (0,46%) sur une durée allant d’un mois à une année. Les arilles frais et séchés sont transformés de manière artisanale en farine (42,76%), en arilles molles par la cuisson à l’eau bouillante (13,90%), en frites (0,46%) et en tartine (0,12%). Ces différents produits entrent dans la préparation des plats de résistance, du ‘moyo’ et des boissons alcoolisées. Au niveau des marchés locaux, les arilles frais ou séchés sont commercialisés en tas de 50 et 100 grammes et en pot de 200, 500 et 1000 grammes. Les sachets plastiques (33,8%) sont utilisés pour le conditionnement des arilles et de la farine tandis que l’usage de la bouteille (2,71%) se fait uniquement pour la vente de la farine d’arille. Selon les enquêtés, B. sapida régénère naturellement (82,5%) ; néanmoins la multiplication par semis de graines (17,5%) se pratique le plus souvent au nord du pays. En saison sèche, les graines récoltées sont conservées au soleil, à la température ambiante ou parfois enfouis sous le sol pour une durée comprise entre 10 et 30 jours. L’épaisseur des graines de B. sapida varie suivant la région de provenance au seuil de 5% (P<0,05) ; contrairement à la longueur, largeur et poids des graines. Au terme de ce travail, il a été retenu que B. sapida revêt une importance socioculturelle élevée pour la population rurale du Bénin. Quant aux pratiques locales de gestion, les techniques de stockage, transformation et conditionnement des arilles participent à la valorisation de l’espèce au Bénin. |
| Permalink : |
https://bibliothequefst.ucad.sn/index.php?lvl=notice_display&id=859 |
IMPORTANCE SOCIO-CULTURELLE ET PRATIQUES LOCALES DE GESTION DE Blighia sapida Koenig (Sapindaceae) AU BENIN [texte imprimé] / Moussa Ndiaye, Auteur . - Dakar : Université Cheikh Anta Diop de Dakar : Faculté des Sciences et Techniques : Département de Biologie végétale, 2021 . - 67 P. ; 29 cm. Langues : Français ( fre)
| Mots-clés : |
valorisation stockage transformation conditionnement conservation arille pratique locale socio-culture savoir local savoir indigène pratique endogène Blighia sapida Sapindaceae Bénin Produit Forestier Non Ligneux |
| Résumé : |
Les ressources forestières alimentaires désignées sous le vocable de PFNLs (Produits Forestiers Non Ligneux) dont Blighia sapida jouent un rôle important dans l’amélioration de la sécurité alimentaire. Leurs utilisations pourraient contribuer à la réduction de la faim ainsi qu’à l'amélioration de la nutrition et de la santé. La connaissance des potentialités locales de cette ressource est indispensable pour une meilleure valorisation. Néanmoins, cette valorisation est sujette à de véritables contraintes. La problématique majeure traitée dans cette étude, est liée à la gestion locale de B. sapida qui n’est pas toujours maitrisée par la population autochtone car au Bénin, une proportion considérable des fruits pourrit sur les arbres pendant les saisons de récolte, causant une énorme perte sur le plan alimentaire et économique. De plus, on note une régression de l’espèce en milieu naturel due à la perte rapide de viabilité de ces graines récalcitrantes ; ce qui entrave la régénération et la conservation de l’espèce. Cependant, la recherche de solutions face à ces problèmes pour une valorisation de la ressource devrait s’appuyer en premier lieu sur la prise en compte des savoirs locaux pour la mise au point de techniques efficaces, accessibles et moins coûteuses permettant le stockage, et/ou la transformation de grandes quantités d'arilles au niveau local avant de s’orienter au contraire vers des savoirs formalisés (scientifiques) qui sont très coûteuses et peu accessibles par la population rurale. C’est dans ce sens que cette étude est entreprise pour contribuer à l’amélioration des niveaux de connaissances sur B. sapida pour sa meilleure valorisation. Pour cela, elle vise à déterminer la valeur socioculturelle de l’espèce, analyser les pratiques locales de valorisation des arilles, analyser les techniques locales de propagation et de conservation des semences et évaluer la variation des caractéristiques morphométriques des graines d’une zone climatique à une autre du Bénin. Pour atteindre ces objectifs, un échantillonnage stratifié et raisonné a été effectué et huit cent soixante-trois (863) ménages ont été enquêté à travers 24 villages répartis dans 8 communes choisis dans les trois régions phytogéographiques du pays (sud, centre et nord). Les données ethnobotaniques ont été collectées au moyen d’un questionnaire semi-structuré. Dans chaque localité prospectée, des arbres ont été choisis sur lesquels des fruits murs ont été récoltés puis mis en sachets étiquetés et conservé dans un sac glacière muni de gels réfrigérants. Les coordonnées géographiques des arbres ont été prises à l’aide d’un GPS. Microsoft Office Excel (2017) a été utilisé pour le calcul des différents paramètres et la réalisation des tableaux et graphiques. Des statistiques descriptives ont été calculées en utilisant le logiciel Minitab 20.0. L’Analyse des Correspondances Multiples a été faite avec l’aide du logiciel R. Au total, B. sapida est connu par l’ensemble des ménages enquêtés. Selon eux, la plante est disponible dans un rayon d’un kilomètre au plus autour de chaque concession. Cinq utilisations de l’espèce ont été répertoriées : les usages alimentaire (81 %), cosmétique (10 %), médicinal (7 %), commercial (0,31%) et engrais (0,21%). Les organes utilisés sont le fruit (arilles, graine et capsule du fruit), l’écorce, les feuilles et la racine. La valeur d’usage obtenue dans les localités prospectés (VUt = 2,2) témoigne du niveau d’utilisation de l’espèce par la population. Les indices de diversité et d’équitabilité (ID = 1,43 et IE = 0,57) montrent une répartition hétérogène des connaissances sur l’espèce au sein des groupements de la population. L’indice de vulnérabilité (Iv=2,50) quant à lui indique que l’espèce est faiblement vulnérable dans les zones d’étude car sa population est généralement stable et ne subit pas encore une menace de disparition au Bénin. Après la récolte des fruits et pour une utilisation durable, les arilles sont stockés au soleil (42,40%), à l’ombre (0,24%) et au frais (0,46%) sur une durée allant d’un mois à une année. Les arilles frais et séchés sont transformés de manière artisanale en farine (42,76%), en arilles molles par la cuisson à l’eau bouillante (13,90%), en frites (0,46%) et en tartine (0,12%). Ces différents produits entrent dans la préparation des plats de résistance, du ‘moyo’ et des boissons alcoolisées. Au niveau des marchés locaux, les arilles frais ou séchés sont commercialisés en tas de 50 et 100 grammes et en pot de 200, 500 et 1000 grammes. Les sachets plastiques (33,8%) sont utilisés pour le conditionnement des arilles et de la farine tandis que l’usage de la bouteille (2,71%) se fait uniquement pour la vente de la farine d’arille. Selon les enquêtés, B. sapida régénère naturellement (82,5%) ; néanmoins la multiplication par semis de graines (17,5%) se pratique le plus souvent au nord du pays. En saison sèche, les graines récoltées sont conservées au soleil, à la température ambiante ou parfois enfouis sous le sol pour une durée comprise entre 10 et 30 jours. L’épaisseur des graines de B. sapida varie suivant la région de provenance au seuil de 5% (P<0,05) ; contrairement à la longueur, largeur et poids des graines. Au terme de ce travail, il a été retenu que B. sapida revêt une importance socioculturelle élevée pour la population rurale du Bénin. Quant aux pratiques locales de gestion, les techniques de stockage, transformation et conditionnement des arilles participent à la valorisation de l’espèce au Bénin. |
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