| Titre : |
IMPACT DES STRATÉGIES NATIONALES DE PRÉVENTION ET DE LUTTE CONTRE LA CARENCE EN VITAMINE A SUR LE STATUT ET LES RÉSERVES HÉPATIQUES EN VITAMINE A D’ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS AU SÉNÉGAL |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Mane Hélène Faye, Auteur |
| Editeur : |
Dakar : Université Cheikh Anta Diop de Dakar : Ecole Doctorale Sciences de la Vie, de la Santé et de l'Environnement |
| Année de publication : |
2021 |
| Format : |
29 cm |
| Note générale : |
Thèse provisoire |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
statut hépatique réserve hépatique vitamine A supplémentation enrichissement diversification alimentaire alimentation carence enfant nutrition alimentation humaine malnutrition |
| Résumé : |
La carence en vitamine A (CVA) a longtemps été un sérieux problème de santé publique chez les enfants de moins de cinq
ans au Sénégal. Plusieurs stratégies sont mises en oeuvre pour la prévenir et pallier les conséquences qui lui sont associées, cependant
une décennie après l’étude de la situation de base du statut en vitamine A, il n’existe aucune évaluation de leur impact sur ce statut
chez les enfants de moins de cinq ans. La supplémentation en vitamine A (SVA) en particulier, fait l’objet d’une controverse liée Ã
son efficacité, sa sûreté et sa durabilité. Alors que les pays sont appelés à générer des preuves pour réorienter au besoin la stratégie
SVA, le Sénégal ne dispose pas encore de données probantes pour se positionner face à cette problématique. L’objectif de notre étude
est d’évaluer l’impact des stratégies nationales de prévention et de lutte contre la CVA sur le statut et les réserves hépatiques en
vitamine A (RHVA) d’enfants de moins de cinq ans au Sénégal.
Pour ce faire, trois études ont été réalisées: (i) une étude représentative à l’échelle nationale de la situation de base du statut en vitamine
A chez les enfants âgés de 12 à 59 mois (n = 1887), (ii) une étude transversale du statut en vitamine A dans un sous-échantillon de 55
enfants supplémentés âgés de 3 à 5 ans en milieu rural à Kaffrine (zone rurale 2), et (iii) une étude comparative du statut et des RHVA
d’enfants supplémentés (n = 119) et non supplémentés en vitamine A (n = 110) âgés de 9 à 23 mois à Dakar. Les données
sociodémographiques, économiques, sanitaires et alimentaires des enfants ont été collectées par questionnaires. Les mesures
effectuées sont : le poids, la taille, l’hémoglobine par Hemocue, la concentration en rétinol plasmatique (RP) ou sérique (RS) par
HPLC et les concentrations plasmatiques (ou sériques) en Protéine C-Réactive (CRP) et en alpha -1-Acide Glycoprotéine (AGP) par
immunoturbidimétrie. Les RHVA ont été évaluées par le test modifié de la réponse relative à la dose (test MRDR).
En 2010, la CVA touchait 15,3 % des enfants âgés de 12 à 59 mois, sur la base des valeurs de RP ajustées par rapport à l’inflammation
(méthode BRINDA). Cette prévalence était significativement (P < 0,01) plus importante chez les enfants de plus de 23 mois (13,3 Ã
19,7 %), chez ceux vivant en milieu rural (18,9 à 20,1 %) et ceux appartenant aux ménages pauvres (25,3 %) comparés respectivement
à ceux de moins de 2 ans (10,2%), ceux vivant en milieu urbain (6,9 à 8,2%) et ceux appartenant aux ménages relativement nonpauvres
et non-pauvres (5,5 à 5,7%). Sept (7) ans plus tard, comparés l’étude de la situation de base, l’évaluation du statut en vitamine
A d’enfants supplémentés en vitamine A âgés de 3 à 5 ans à Kaffrine indique une réduction de la concentration en RS (0,85 ± 0,24
vs. 0,72 ± 0,21, P < 0,001) et une augmentation concomitante de la prévalence de la CVA (30,6 vs. 53,7, P < 0,01). Chez ces enfants,
l’apport médian en vitamine A, mesuré par le rappel diététique de 24h quantitatif, est de 142,7 μg RE et l’apport de sécurité en
vitamine A n’est couvert que chez 26% d’entre eux. Ce sont 21,8 % des ménages consomment de l’huile enrichie en vitamine A.
Chez les enfants de moins de 2 ans vivant en milieu urbain, le rapport MRDR moyen (SVA : 0,030 ± 0,017, non-SVA : 0,028 ± 0,016,
P = 0,389) et la concentration en RS ajustée par rapport à l’inflammation (SVA : 1,34 ± 0,37, non-SVA : 1,3 ± 0,35, P = 0,515) sont
adéquats et ne diffèrent pas entre les groupes SVA et non-SVA. De faibles prévalences de RHVA inadéquates (SVA : 5,2 %, non-
SVA : 5,4 %) et de CVA (SVA : 2,6 %, non-SVA : 0,9 %) sont observées. La majorité des enfants sont allaités (SVA : 85,7 %, non-
SVA : 77,3 %) et la consommation d’huile enrichie en vitamine A est répandue dans les ménages (SVA : 94,1 %, non-SVA : 95,4 %).
L’allaitement maternel est associé à une réduction d’au moins 76 % du risque de RHVA inadéquates chez ces enfants (OR ajusté=
0,24 ; 95 % IC : 0,07–0,8 ; P = 0,020). Une augmentation significative de la concentration en RS de même qu’une réduction de la
prévalence de la CVA sont observées dans cette population urbaine (6,9 % vs. 1,8 %, P < 0.01) par rapport à l’étude de la situation
de base du statut en vitamine A. Aussi bien en milieu urbain que rural, les infections et l’inflammation persistent chez les enfants.
En conclusion, les stratégies de prévention et de lutte contre la CVA ont un impact positif sur le statut et les RHVA des enfants de 9-
23 mois à Dakar, tandis qu’en milieu rural à Kaffrine, le statut en vitamine A des enfants de 3 à 5 ans demeure précaire. Cependant,
la SVA n’est associée ni à l’amélioration des RHVA, ni à celle de la concentration sérique en rétinol, ni à une moindre prévalence de
la CVA chez les enfants dakarois. Dès lors, une réorientation des différentes stratégies de prévention et de lutte contre la CVA
s’impose et devrait passer par : (i) le passage à une stratégie de SVA ciblée tenant compte du milieu et de la tranche d’âge après une
évaluation quantitative de l’adéquation des apports alimentaires et des réserves hépatiques en vitamine A par dilution isotopique, (ii)
l’amélioration de la couverture de l’huile enrichie en vitamine A en milieu rural, (iii) la promotion d’une agriculture sensible à la
nutrition pour améliorer la diversification alimentaire en milieu rural, (iv) le renforcement du plaidoyer en faveur de l’allaitement
maternel jusqu’à 2 ans ou au-delà , et (v) le renforcement de la prévention et du contrôle de la morbidité chez les enfants de moins de
cinq ans. |
| Permalink : |
https://bibliothequefst.ucad.sn/index.php?lvl=notice_display&id=681 |
IMPACT DES STRATÉGIES NATIONALES DE PRÉVENTION ET DE LUTTE CONTRE LA CARENCE EN VITAMINE A SUR LE STATUT ET LES RÉSERVES HÉPATIQUES EN VITAMINE A D’ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS AU SÉNÉGAL [texte imprimé] / Mane Hélène Faye, Auteur . - Dakar : Université Cheikh Anta Diop de Dakar : Ecole Doctorale Sciences de la Vie, de la Santé et de l'Environnement, 2021 . - ; 29 cm. Thèse provisoire Langues : Français ( fre)
| Mots-clés : |
statut hépatique réserve hépatique vitamine A supplémentation enrichissement diversification alimentaire alimentation carence enfant nutrition alimentation humaine malnutrition |
| Résumé : |
La carence en vitamine A (CVA) a longtemps été un sérieux problème de santé publique chez les enfants de moins de cinq
ans au Sénégal. Plusieurs stratégies sont mises en oeuvre pour la prévenir et pallier les conséquences qui lui sont associées, cependant
une décennie après l’étude de la situation de base du statut en vitamine A, il n’existe aucune évaluation de leur impact sur ce statut
chez les enfants de moins de cinq ans. La supplémentation en vitamine A (SVA) en particulier, fait l’objet d’une controverse liée Ã
son efficacité, sa sûreté et sa durabilité. Alors que les pays sont appelés à générer des preuves pour réorienter au besoin la stratégie
SVA, le Sénégal ne dispose pas encore de données probantes pour se positionner face à cette problématique. L’objectif de notre étude
est d’évaluer l’impact des stratégies nationales de prévention et de lutte contre la CVA sur le statut et les réserves hépatiques en
vitamine A (RHVA) d’enfants de moins de cinq ans au Sénégal.
Pour ce faire, trois études ont été réalisées: (i) une étude représentative à l’échelle nationale de la situation de base du statut en vitamine
A chez les enfants âgés de 12 à 59 mois (n = 1887), (ii) une étude transversale du statut en vitamine A dans un sous-échantillon de 55
enfants supplémentés âgés de 3 à 5 ans en milieu rural à Kaffrine (zone rurale 2), et (iii) une étude comparative du statut et des RHVA
d’enfants supplémentés (n = 119) et non supplémentés en vitamine A (n = 110) âgés de 9 à 23 mois à Dakar. Les données
sociodémographiques, économiques, sanitaires et alimentaires des enfants ont été collectées par questionnaires. Les mesures
effectuées sont : le poids, la taille, l’hémoglobine par Hemocue, la concentration en rétinol plasmatique (RP) ou sérique (RS) par
HPLC et les concentrations plasmatiques (ou sériques) en Protéine C-Réactive (CRP) et en alpha -1-Acide Glycoprotéine (AGP) par
immunoturbidimétrie. Les RHVA ont été évaluées par le test modifié de la réponse relative à la dose (test MRDR).
En 2010, la CVA touchait 15,3 % des enfants âgés de 12 à 59 mois, sur la base des valeurs de RP ajustées par rapport à l’inflammation
(méthode BRINDA). Cette prévalence était significativement (P < 0,01) plus importante chez les enfants de plus de 23 mois (13,3 Ã
19,7 %), chez ceux vivant en milieu rural (18,9 à 20,1 %) et ceux appartenant aux ménages pauvres (25,3 %) comparés respectivement
à ceux de moins de 2 ans (10,2%), ceux vivant en milieu urbain (6,9 à 8,2%) et ceux appartenant aux ménages relativement nonpauvres
et non-pauvres (5,5 à 5,7%). Sept (7) ans plus tard, comparés l’étude de la situation de base, l’évaluation du statut en vitamine
A d’enfants supplémentés en vitamine A âgés de 3 à 5 ans à Kaffrine indique une réduction de la concentration en RS (0,85 ± 0,24
vs. 0,72 ± 0,21, P < 0,001) et une augmentation concomitante de la prévalence de la CVA (30,6 vs. 53,7, P < 0,01). Chez ces enfants,
l’apport médian en vitamine A, mesuré par le rappel diététique de 24h quantitatif, est de 142,7 μg RE et l’apport de sécurité en
vitamine A n’est couvert que chez 26% d’entre eux. Ce sont 21,8 % des ménages consomment de l’huile enrichie en vitamine A.
Chez les enfants de moins de 2 ans vivant en milieu urbain, le rapport MRDR moyen (SVA : 0,030 ± 0,017, non-SVA : 0,028 ± 0,016,
P = 0,389) et la concentration en RS ajustée par rapport à l’inflammation (SVA : 1,34 ± 0,37, non-SVA : 1,3 ± 0,35, P = 0,515) sont
adéquats et ne diffèrent pas entre les groupes SVA et non-SVA. De faibles prévalences de RHVA inadéquates (SVA : 5,2 %, non-
SVA : 5,4 %) et de CVA (SVA : 2,6 %, non-SVA : 0,9 %) sont observées. La majorité des enfants sont allaités (SVA : 85,7 %, non-
SVA : 77,3 %) et la consommation d’huile enrichie en vitamine A est répandue dans les ménages (SVA : 94,1 %, non-SVA : 95,4 %).
L’allaitement maternel est associé à une réduction d’au moins 76 % du risque de RHVA inadéquates chez ces enfants (OR ajusté=
0,24 ; 95 % IC : 0,07–0,8 ; P = 0,020). Une augmentation significative de la concentration en RS de même qu’une réduction de la
prévalence de la CVA sont observées dans cette population urbaine (6,9 % vs. 1,8 %, P < 0.01) par rapport à l’étude de la situation
de base du statut en vitamine A. Aussi bien en milieu urbain que rural, les infections et l’inflammation persistent chez les enfants.
En conclusion, les stratégies de prévention et de lutte contre la CVA ont un impact positif sur le statut et les RHVA des enfants de 9-
23 mois à Dakar, tandis qu’en milieu rural à Kaffrine, le statut en vitamine A des enfants de 3 à 5 ans demeure précaire. Cependant,
la SVA n’est associée ni à l’amélioration des RHVA, ni à celle de la concentration sérique en rétinol, ni à une moindre prévalence de
la CVA chez les enfants dakarois. Dès lors, une réorientation des différentes stratégies de prévention et de lutte contre la CVA
s’impose et devrait passer par : (i) le passage à une stratégie de SVA ciblée tenant compte du milieu et de la tranche d’âge après une
évaluation quantitative de l’adéquation des apports alimentaires et des réserves hépatiques en vitamine A par dilution isotopique, (ii)
l’amélioration de la couverture de l’huile enrichie en vitamine A en milieu rural, (iii) la promotion d’une agriculture sensible à la
nutrition pour améliorer la diversification alimentaire en milieu rural, (iv) le renforcement du plaidoyer en faveur de l’allaitement
maternel jusqu’à 2 ans ou au-delà , et (v) le renforcement de la prévention et du contrôle de la morbidité chez les enfants de moins de
cinq ans. |
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