| Titre : |
Impact des stratégies de biofortification et d’éducation nutritionnelle sur la consommation alimentaire et la prévention de la malnutrition maternelle et infantile en milieu rural à Kaffrine |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Mbeugué THIAM, Auteur |
| Editeur : |
Dakar : Université Cheikh Anta Diop de Dakar : Ecole Doctorale Sciences de la Vie, de la Santé et de l'Environnement |
| Année de publication : |
2025 |
| Importance : |
177 P. |
| Format : |
29 cm |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
Biofortification Education nutritionnelle Nutrition Aliments de complément Complément alimentaire Carence Micronutriment Milieu rural Kaffrine Consommation alimentaire Malnutrition maternelle Malnutrition infantile Malnutrition Fortification biologique |
| Résumé : |
La biofortification ou « fortification biologique » désigne un ensemble d’approches sensibles à la nutrition qui visent à augmenter la teneur et/ou la biodisponibilité d’un ou de plusieurs nutriments d’une culture à un niveau acceptable par le biais de la sélection végétale, de pratiques agronomiques, de techniques transgéniques et/ou microbienne. Elle fait partie d’une série de stratégies complémentaires de lutte contre la malnutrition incluant la supplémentation, l’enrichissement des aliments en micronutriments et la diversification alimentaire. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de stratégies de biofortification agronomique et d’éducation nutritionnelle sur la consommation alimentaire et la prévention de la malnutrition maternelle et infantile en milieu rural à Kaffrine. Des variétés de mil (Pennisetum glaucum, SL423), de niébé (Vigna unguiculata (L.), thieye) et de patate douce à chair orange (PDCO, Ipomea batatas (L.) Lam, apomudun) sont ciblées, à la suite d’un screening basé sur leur qualité nutritionnelle, leur rendement à l’hectare et leur réponse mycorhizienne, pour des essais de biofortification dans des champs d’expérimentation, par l’Intitut sénégalais de recherche agricole, le Centre de coopération international en rehcerche agronomique pour le dévéloppement et l’Institut de recherche pour le développement. Le mil est biofortifié avec de la bouse de vache (BV) uniquement, le niébé et la PDCO avec de la litière de volaille (LV) ou avec de la LV associée aux microorganismes autochtones bénéfiques (MAB) et aux champignons mycorhiziens (MYC). A l’issu des essais, une farine infantile biofortifiée composée de mil (50%), de niébé (25%) et de PDCO (25%) est produite par l’Institut de Technologie Alimentaire. L’acceptabilité sensorielle de bouillies préparées à partir de la farine infantile biofortifiée est testée auprès de 72 couples mère-enfant (CME) de 6-23 mois dans la zone d’intervention du projet OR4FOOD. L’impact des stratégies de biofortification est étudié à travers les mesures de bioaccessibilité du fer, du zinc et du β-carotène dans des aliments simples et dans les farines mixtes à base des cultures biofortifiés. L’optimisation de leur régime alimentaire est faite par programmation linéaire sur la base des aliments biofortifiés. La consommation alimentaire des CME est évaluée par la méthode par pesée et le rappel de 24 heures. Une stratégie de communication a été developpée pour promouvoir les aliments biofortifiés et les pratiques d’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE), à travers des sessions d’éducation nutritionnelle menées pendant 6 mois dans les champs écoles de producteurs et les clubs Dimitra à Mabrocounda et à Malem Thialene. L’impact de cette stratégie sur les pratiques d’ANJE et le niveau de connaissance des mères en nutrition est mesuré par questionnaire, et l’état nutritionnel des CME par anthropométrie.
Nos travaux de recherche ont montré que l’utilisation de la BV seule comme fertilisant n’améliore pas les teneurs en fer et en zinc du mil ni leur bioaccessibilité dans les bouillies de mil. En revanche, la biofortification du niébé avec la LV ou la LV+MAB+MYC augmente significativement de 2 à 3 fois la teneur et la bioaccessibilité du fer (27-29% vs. 9%, p < 0,05). De même, la biofortification de la PDCO avec la LV+MAB+MYC augmente significativement (3 fois plus) les teneurs en fer (5,08 vs. 1,64 ± 0,07 mg/100 g MS) et en zinc (3,84 mg/100 g MS vs. 1,35 mg/100 MS) de l’aliment cru et le β-carotène bioaccessible dans la purée (4,1% vs. 1,4%, p < 0,05). Les proportions de β-carotène, de fer et de zinc bioaccessibles sont respectivement de 7,1%, 41% et 43% dans la bouillie préparée avec la farine infantile biofortifiée. Les attributs sensoriels des bouillies préparées avec la farine infantile sont bien appréciés par les mères et leurs enfants (indice d’acceptabilité ≥ 70% chez plus de 80% des CME). L’introduction de la PDCO dans la zone d’intervention a contribué à améliorer significativement sa consommation par les CME (50-53% vs. 14-15%) et à augmenter le score de diversité alimentaire des enfants de 12-18 mois (6,0 ± 1,4 vs 5,4 ± 1,4 p < 0,05). Les sessions d’éducation nutritionnelle ont contribué à améliorer significativement le niveau de connaissance des mères sur certaines pratiques d’ANJE. La proportion de mères connaissant l’âge d’introduction des aliments de complément est passée de 53% à 66% (p = 0,052) au bout de 4 mois de mise en oeuvre. De même, la proportion d’enfants ayant une alimentation diversifiée a globalement augmenté pour la période considérée (56% - 78%, p < 0,05). Toutefois, la malnutrition (émaciation et retard de croissance) persiste dans les deux villages, de même que la coexistence de la maigreur et de l’obésité chez les mères. L’optimisation du régime alimentaire sur la base des aliments biofortifiés a permis d’améliorer les apports en nutriments et une meilleure couverture des besoins en protéines, fer, zinc et vitamine A des CME.
En conclusion, la biofortification agronomique utilisant des produits résiduaires organiques associés aux MAB et aux MYC a le potentiel d’améliorer la qualité nutritionnelle des aliments de base ainsi que la bioaccessibilité du fer et du β-carotène dans les aliments de complément. La mise en oeuvre concomitante de stratégies complémentaires (biofortification, diversification de la production agricole et alimentaire, éducation nutritionnelle aux producteurs et aux consommateurs), peut à long terme avoir un impact considérable sur la prévention de la malnutrition maternelle et infantile sous toutes ses formes. |
| Permalink : |
https://bibliothequefst.ucad.sn/index.php?lvl=notice_display&id=3258 |
Impact des stratégies de biofortification et d’éducation nutritionnelle sur la consommation alimentaire et la prévention de la malnutrition maternelle et infantile en milieu rural à Kaffrine [texte imprimé] / Mbeugué THIAM, Auteur . - Dakar : Université Cheikh Anta Diop de Dakar : Ecole Doctorale Sciences de la Vie, de la Santé et de l'Environnement, 2025 . - 177 P. ; 29 cm. Langues : Français ( fre)
| Mots-clés : |
Biofortification Education nutritionnelle Nutrition Aliments de complément Complément alimentaire Carence Micronutriment Milieu rural Kaffrine Consommation alimentaire Malnutrition maternelle Malnutrition infantile Malnutrition Fortification biologique |
| Résumé : |
La biofortification ou « fortification biologique » désigne un ensemble d’approches sensibles à la nutrition qui visent à augmenter la teneur et/ou la biodisponibilité d’un ou de plusieurs nutriments d’une culture à un niveau acceptable par le biais de la sélection végétale, de pratiques agronomiques, de techniques transgéniques et/ou microbienne. Elle fait partie d’une série de stratégies complémentaires de lutte contre la malnutrition incluant la supplémentation, l’enrichissement des aliments en micronutriments et la diversification alimentaire. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de stratégies de biofortification agronomique et d’éducation nutritionnelle sur la consommation alimentaire et la prévention de la malnutrition maternelle et infantile en milieu rural à Kaffrine. Des variétés de mil (Pennisetum glaucum, SL423), de niébé (Vigna unguiculata (L.), thieye) et de patate douce à chair orange (PDCO, Ipomea batatas (L.) Lam, apomudun) sont ciblées, à la suite d’un screening basé sur leur qualité nutritionnelle, leur rendement à l’hectare et leur réponse mycorhizienne, pour des essais de biofortification dans des champs d’expérimentation, par l’Intitut sénégalais de recherche agricole, le Centre de coopération international en rehcerche agronomique pour le dévéloppement et l’Institut de recherche pour le développement. Le mil est biofortifié avec de la bouse de vache (BV) uniquement, le niébé et la PDCO avec de la litière de volaille (LV) ou avec de la LV associée aux microorganismes autochtones bénéfiques (MAB) et aux champignons mycorhiziens (MYC). A l’issu des essais, une farine infantile biofortifiée composée de mil (50%), de niébé (25%) et de PDCO (25%) est produite par l’Institut de Technologie Alimentaire. L’acceptabilité sensorielle de bouillies préparées à partir de la farine infantile biofortifiée est testée auprès de 72 couples mère-enfant (CME) de 6-23 mois dans la zone d’intervention du projet OR4FOOD. L’impact des stratégies de biofortification est étudié à travers les mesures de bioaccessibilité du fer, du zinc et du β-carotène dans des aliments simples et dans les farines mixtes à base des cultures biofortifiés. L’optimisation de leur régime alimentaire est faite par programmation linéaire sur la base des aliments biofortifiés. La consommation alimentaire des CME est évaluée par la méthode par pesée et le rappel de 24 heures. Une stratégie de communication a été developpée pour promouvoir les aliments biofortifiés et les pratiques d’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE), à travers des sessions d’éducation nutritionnelle menées pendant 6 mois dans les champs écoles de producteurs et les clubs Dimitra à Mabrocounda et à Malem Thialene. L’impact de cette stratégie sur les pratiques d’ANJE et le niveau de connaissance des mères en nutrition est mesuré par questionnaire, et l’état nutritionnel des CME par anthropométrie.
Nos travaux de recherche ont montré que l’utilisation de la BV seule comme fertilisant n’améliore pas les teneurs en fer et en zinc du mil ni leur bioaccessibilité dans les bouillies de mil. En revanche, la biofortification du niébé avec la LV ou la LV+MAB+MYC augmente significativement de 2 à 3 fois la teneur et la bioaccessibilité du fer (27-29% vs. 9%, p < 0,05). De même, la biofortification de la PDCO avec la LV+MAB+MYC augmente significativement (3 fois plus) les teneurs en fer (5,08 vs. 1,64 ± 0,07 mg/100 g MS) et en zinc (3,84 mg/100 g MS vs. 1,35 mg/100 MS) de l’aliment cru et le β-carotène bioaccessible dans la purée (4,1% vs. 1,4%, p < 0,05). Les proportions de β-carotène, de fer et de zinc bioaccessibles sont respectivement de 7,1%, 41% et 43% dans la bouillie préparée avec la farine infantile biofortifiée. Les attributs sensoriels des bouillies préparées avec la farine infantile sont bien appréciés par les mères et leurs enfants (indice d’acceptabilité ≥ 70% chez plus de 80% des CME). L’introduction de la PDCO dans la zone d’intervention a contribué à améliorer significativement sa consommation par les CME (50-53% vs. 14-15%) et à augmenter le score de diversité alimentaire des enfants de 12-18 mois (6,0 ± 1,4 vs 5,4 ± 1,4 p < 0,05). Les sessions d’éducation nutritionnelle ont contribué à améliorer significativement le niveau de connaissance des mères sur certaines pratiques d’ANJE. La proportion de mères connaissant l’âge d’introduction des aliments de complément est passée de 53% à 66% (p = 0,052) au bout de 4 mois de mise en oeuvre. De même, la proportion d’enfants ayant une alimentation diversifiée a globalement augmenté pour la période considérée (56% - 78%, p < 0,05). Toutefois, la malnutrition (émaciation et retard de croissance) persiste dans les deux villages, de même que la coexistence de la maigreur et de l’obésité chez les mères. L’optimisation du régime alimentaire sur la base des aliments biofortifiés a permis d’améliorer les apports en nutriments et une meilleure couverture des besoins en protéines, fer, zinc et vitamine A des CME.
En conclusion, la biofortification agronomique utilisant des produits résiduaires organiques associés aux MAB et aux MYC a le potentiel d’améliorer la qualité nutritionnelle des aliments de base ainsi que la bioaccessibilité du fer et du β-carotène dans les aliments de complément. La mise en oeuvre concomitante de stratégies complémentaires (biofortification, diversification de la production agricole et alimentaire, éducation nutritionnelle aux producteurs et aux consommateurs), peut à long terme avoir un impact considérable sur la prévention de la malnutrition maternelle et infantile sous toutes ses formes. |
| Permalink : |
https://bibliothequefst.ucad.sn/index.php?lvl=notice_display&id=3258 |
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